
Chers bénévoles
Il y a quelques semaines, j’ai eu pour mission de choisir et vous proposer quelques documentaires. Cela pour passer ensemble un bon moment à s’écharper et à philosopher sur ce fumeux concept de documentaire de création.
J’ai restreint mon choix à la cuvée 2009 par facilité, et sélectionné des films que j’aimais ;
Un mauvais esprit - que je ne dénoncerai pas - m’a suggéré d’y glisser une « daube » – plus justement un film que je déteste. Je me suis exécuté.
Nous débattrons bientôt de ces choix, mais avant cela, pour se préparer à cette joyeuse réunion et vous laisser le temps d’aiguiser vos couteaux, je vous livre trois de mes fiches de lecture.
Sachez que j’ai été choisi pour cette mission plus pour mon amour de la polémique que pour mon expertise.
Je ne commencerai pas par le film que je préfère mais par celui qui mérite le plus d’être défendu.
Le Gendarme Citron
Que s’est-il passé ?
Qu’est devenu la belle saison des citrons ?
Il y a la grande histoire constituée de compromis, de guerres et de massacres, de spoliation et d’impérialisme. Et puis il y a la petite histoire du gendarme Citron.
Ce film atteste que par instant des utopies ont poussé dans les colonies. Il démontre une chose maintenant presque incroyable : la possibilité du dialogue. C’est cet instant, cette perle, ce joyau incarné par le gendarme Citron dont ce film se fait l’écho. Un pan d’histoire qui contrarie la grande mais qui grandit l’humanité. Voilà pourquoi c’est un bon film.
Le casting est inespéré, le film, sans prétention, sérieux et compétent. Il distille doucement mais sûrement des idées confondantes de simplicité, d’humanisme, de tolérance, d’amitié et d’amour du travail bien fait. Sous ses airs de pas y toucher, il pose des questions fondamentales sur l’humanité et l’espoir des Lumières.
C’est probablement le documentaire le plus éclairant que j’ai vu sur la colonisation.
Il y a du Vénus noire de Kechiche, de l’Indigènes de Bouchareb, il y a un peu de tous ces pamphlets indispensables. Mais il y a un truc en plus extra qui fait crac : la simplicité du discours. La candeur du gendarme Citron s’avère redoutable quand il parle du mépris des colons et de l’obscurantisme de certaines traditions. Ça vaut mille plans séquences soporifiques censés nous culpabiliser, ça vaut mille vociférations bien-pensantes.
Bien sûr, la facture est classique et nous sommes loin du documentaire dit « de création », mais il y a du héros dans Citron et parmi la multitude de documentaires militants, le propos reste singulier.
On ne peut dire que merci à la rencontre des hommes.
(dernière parole du film)
Je poursuivrai par la « daube » ou plus exactement par celui qui mérite le moins.
Aller jamais retour de Christian Lajoumard
Quand on parle de « documentaire de création », on entrevoit un objet assez insolite qui viendrait titiller d’obscures régions de notre cerveau et qui allumerait, de manière insolite et inconnue à la télé, de puissants projecteurs sur d’impensables sujets. Ce Christian Lajoumard- 330 000 références goggle - a appris si bien cette définition qu’il n’en a retenue que la forme. Observez bien la chose et vous verrez qu’elle est vide. Cet interlude visuel et sonore, assuré de son effet, s’est totalement débarrassé de sens. C’est arrogant et stupide. C’est l’anti-thèse de notre gendarme Citron.
Le pire c’est que ce présomptueux nous en a envoyé trois du même type la même année.
Si vous avez aimé, c’est pas grave. On est là pour en causer.
Diaro del fin de Juan Alejandro Ramirez
Entre documentaire et fiction, cette poésie audio-visuelle envoûtante ne peut laisser personne indifférent. Nous voilà dans le vrai documentaire de création.
Inspiré d’un fait-divers, l’auteur fait de cette femme un symbole. La voix-off, nostalgique et énergique, résonne de manière universelle. Derrière cette intimité révélée se dressent toutes les aspirations et les espoirs des peuples opprimés. Debout les morts ! et viva la révolution !
À suivre de vive voix
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